Ville de Montmagny
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Secteur du Manoir

Le secteur manoir, nommé ainsi en raison de la présence du manoir seigneurial aujourd'hui connu sous le nom manoir des Érables, possède un riche patrimoine résidentiel, témoin d'un peu plus de 200 ans d'histoire. Il correspond à l'ancien domaine des seigneurs Couillard de Lespinay qui s'étendait de la rivière du Sud au fleuve Saint-Laurent. Le médecin et seigneur Antoine-Gaspard Couillard (1789-1847) lui donne particulièrement vie lorsqu'il se fait construire son imposant manoir au début du XIXe siècle. En 1901, une grande partie du domaine acquis auparavant par Amable Bélanger était vendue à la Société de construction du district de Montmagny qui procède alors au lotissement de nouveaux terrains. Le premier quartier magnymontois répondant à un plan d'urbanisme prend alors forme. Les résidences qui longent la rive nord de la rivière du Sud sont toutefois plus imposantes dans leur architecture. Ce secteur témoigne du statut des propriétaires qui étaient le plus souvent des professionnels.

La présence de la rivière des Vases a favorisé l'implantation de quatre moulins à farine. Un premier est parachevé en 1733. Un deuxième est construit en 1741. Un troisième en 1761 après avoir été incendié par les Anglais. Leur emplacement exact constitue un mystère. Certaines cartes nous portent à croire que le moulin des Couillard était localisé plus au sud du moulin en pierre actuel construit en 1842 par le seigneur William-Randal Patton.

Ce secteur comprend une zone ancienne d'habitation se situant entre la rivière des Vases, canalisée en partie aujourd'hui, et l'église Saint-Thomas; on y trouve l'avenue des Érables, les rues Saint-Joseph et du Manoir. La rue Saint-Joseph pour sa part possède un patrimoine résidentiel exceptionnel qui s'étend du XVIIIe siècle au XXe siècle. Le secteur du Manoir, l'un des plus pittoresques de la ville, est ceinturé au sud par la rue Saint-Louis qui était anciennement appelée rue des Bouleaux. Jusqu'à la construction du Pont Rivard en 1952, cette rue allait rejoindre la rue du Manoir, formant ainsi une boucle près de chutes.

Maison Donald-MacKinnon

153, rue Saint-Joseph

Cette maison est probablement la plus ancienne du noyau urbain de la ville de Montmagny. Construite en 1767, elle est la dernière de ce secteur à posséder une architecture d'esprit français. Elle fait partie des premières maisons de la rue Saint-Joseph situées en bordure des vastes champs s'étirant vers le nord jusqu'au fleuve. Au cours des ans, les caractéristiques architecturales de la maison Donald-MacKinnon ont évolué en tenant compte de sa fonction d'auberge, mais aussi des modes d'ornementation que l'on trouve à Montmagny au XIXe siècle et au début des années 1900. Cette résidence possède six lucarnes, un toit à deux versants et deux fausses cheminées à ses extrémités, signes probablement de la présence de murs pare-feux. En examinant le côté ouest, on remarque l'inclinaison particulière des murs que l'on désigne par l'expression « le fruit du mur ». La façade principale de ce bâtiment a été modifiée dans la seconde moitié du XIXe siècle et au début des années 1900. Les fenêtres se parent de moulures particulières et fort populaires à Montmagny à l'époque. La présence de deux portiques supportés par des colonnes et munis d'un fronton droit traduit l'influence du courant néoclassique dans l'architecture. Pendant quelques années, le mur du côté ouest de la maison sera pourvu d'une importante galerie couverte surmontée par un balcon.

Cette résidence a été construite par le marchand et hôtelier écossais Donald MacKinnon. Était-il du détachement de militaires anglais ayant brulé une partie de la Côte-du-Sud en 1759? Ce qui est certain, c'est qu'il était royaliste lors de l'escarmouche ayant eu lieu à Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud en 1775. Lors de ces évènements, il aurait apparemment joué un rôle d'éclaireur. Ayant acheté le terrain de Jean Roussin, il décide de construire une auberge dans laquelle on trouvait à l'époque un débit de boisson. Cette auberge sera plus tard achetée par le marchand de Québec Duncan MacDonald. Comme la vente et la consommation d'alcool ne plaisaient guère au clergé, le curé Charles Perreault voulut acquérir ce bâtiment et en faire sa résidence. Or, les paroissiens préférèrent construire un presbytère neuf à leur curé. Cette résidence passera ensuite aux mains du tonnelier Donald McKenzie, de l'adjudant de milice de Québec Pierre de Guise et de l'hôtelier Jean-Baptiste Fournier, en 1849. En 1839, ce dernier est connu à Montmagny pour avoir été accusé, à tort, d'avoir participé aux rébellions patriotes aux côtés d'Étienne-Paschal Taché.

Maison Eugène-Renault

160, rue Saint-Joseph

Cette résidence de style Regency a été construite entre 1850 et 1878. Cette dernière a une vue exceptionnelle sur les champs cultivés situés plus au nord. On a souvent associé ce style architectural à la villa ou au cottage qui se confond avec le paysage naturel et à la présence de jardins. Cette maison est dotée de trois lucarnes et son toit évoque le style de la maison pittoresque. La chute du toit se termine par une légère courbe que l'on attribue à une mode chinoise.

Parmi les premiers propriétaires connus de cette résidence, mentionnons les Soeurs de la Charité en 1878, puis Eugène Renault (1836-1890). Né à Montmagny, issu du mariage de Léon Renault et de Julie Thibault, il est journaliste et aide-rédacteur au journal Le Courrier du Canada. Se passionnant pour l'Histoire, il est considéré comme l'un des premiers écrivains et historiens de Montmagny. En 1873, il accepte un poste d'agent des terres de la Couronne de Montmagny et porte un intérêt à la protection de la forêt. Après le décès d'Eugène Renault en 1890 la propriété et la maison passent entre les mains de ses fils qui vendent le tout à l'arpenteur Elzéar Laberge. La famille Laberge est propriétaire de cette maison depuis plus de 110 ans.

L'Hospice des Soeurs de la Charité

164, rue Saint-Joseph

Cet édifice a été construit en différentes étapes pour les Soeurs de la Charité. Il a servi comme hospice pour les personnes âgées et comme orphelinat. Le corps principal a été érigé en 1884. Une première aile de trois étages avec un toit mansardé et lambrissé de tôle à la canadienne est ajoutée à l'ouest en 1910. En plus de servir comme chapelle, cette annexe comprend une salle de récréation, des classes pour les garçons, des dortoirs et des chambres pour les personnes âgées. Cette aile a été toutefois démolie en 1966 en raison de sa vétusté et elle a fait place à une chapelle plus moderne. Une autre aile fut élevée en 1929. Celle-ci logeait les religieuses, et comptait un dortoir pour les filles, un réfectoire, une infirmerie et des chambres pour les pensionnaires. Par ailleurs, cette section possède un logement pour l'aumônier. L'arrière du bâtiment a fait l'objet d'une série d'agrandissements et de rénovations pour l'aménagement des cuisines et d'une buanderie. En 1985, le pavillon Labrie, servant de résidence pour personnes âgées, y sera ajouté à l'ouest.

Les origines de cet hospice sont liées au curé de la paroisse Saint-Roch-des-Aulnaies Henri-David Têtu. En 1873, il lègue une somme de 7600 $ à Nathalie et Vitaline Têtu pour la fondation d'une oeuvre de charité à Montmagny. Cinq ans plus tard, Louis Fournier fait un don de 6000 $ et d'une ferme au centre de la ville pour cette même fondation. Les travaux de construction de ce bâtiment démarrent en 1881 sous la direction de Georges Boulet et Docithée Bernier. Quatre ans plus tard, les premières religieuses des soeurs de la Charité y font leur entrée.

Cette institution a marqué à sa manière l'histoire de Montmagny. A l'époque de l'épidémie de grippe espagnole, en 1918, une salle était aménagée pour accueillir les bébés nés de femmes décédées de cette maladie. Lors du 50ième anniversaire de cette Maison en 1935, une grande célébration y avait lieu, et ce, en présente du premier ministre Louis-Alexandre Taschereau et de Charles-Abraham Paquet, industriel de Montmagny et bienfaiteur de l'Hospice.

Maison Jean-Hamond

171, rue Saint-Joseph

Cette maison a sans doute été construite avant 1820. Elle pourrait être celle qui est représentée sur une carte de la seigneurie dessinée par l'arpenteur Jean-Baptiste Duberger en 1820. À cette époque, elle fait partie d'une propriété appartenant à une famille Cazeau. Architecturalement cette résidence est des plus intéressante puisqu'elle marque admirablement bien la transition qui s'est opérée, au début du XIXe siècle, entre les techniques de la maison d'inspiration française et la maison dite québécoise qui présente des caractéristiques d'adaptation au territoires Ainsi, l'amélioration des matériaux de recouvrement (ici la tôle à la canadienne) a permis à cette construction de se munir d'un toit moins pentu que celui imposé auparavant par la technique française. On remarque également la présence d'un solage de pierre qui rehausse quelque peu le bâtit. Après deux cent ans d'adaptation, nos ancêtres ont compris qu'en élevant le bâtiment, on évitait une détérioration précoce murs due au gel et au dégel et du même coût les problèmes d'humidité.

Cette résidence a d'abord appartenu à la famille de Jean Hamond. Elle a probablement été construite par ce navigateur qui arrive au Canada dans les années 1820. Originaire de Saint-Malo (Ille-et-Villaine), celui-ci épouse à Montmagny, Marie-Calixte Vallée, fille de Joseph Vallée et de Marie-Josephe Marmette. Hamond est capitaine de bateau et marchand de poissons. Il se fait construire un magasin général à Montmagny dans les années 1860. En décembre 1875, la veuve de Jean Hamond léguait sa propriété à son fils Eugène Hamond, capitaine. Dans la décennie suivante, tout porte à croire que Louis-Honoré Huot (1839-1887) possédait cette maison. Celui-ci est bien connu à l'époque pour avoir été greffier de la Couronne en chancellerie pour la province de Québec en plus de pratiquer comme avocat à Québec et d'être propriétaire du journal Le Canadien. Après son décès, son épouse vendait les archives de Huot au curé de Montmagny Louis-François-Léon Rousseau. Nous ignorons dans quel contexte il faisait l'acquisition de cette propriété et si Huot a vraiment habité à Montmagny. En 1896, la maison passe aux mains de Marie-Julienne et d'Éléonore Boulet. Puis elle est acquise par Delphine Desjardins au début des années 1930 et par Gérard Gosselin, artiste d'Outremont en 1932. Ce dernier la conserva jusqu'en 1957, année où elle fut achetée par Louis-Philippe Côté.

Maison Albert-Bender

172, rue Saint-Joseph

Cette maison de style néoclassique a été construite après 1840. Elle se situe sur l'ancien domaine seigneurial de la famille Couillard de Lespinay et plus particulièrement sur le vaste terrain du petit moulin de la rivière des Vases que possédait Antoine-Gaspard Couillard en 1820. Cette maison a suivi les modes architecturales dominantes à Montmagny au cours des décennies. Avant les années 1920, elle se pare en façade d'une petite galerie à l'américaine, mais sans balustrade. On y trouve un portique en bois surmonté par un petit balcon auquel on a accès à l'étage. Avec ses colonnes en bois, ce portique traduit le courant néoclassique de l'époque. Le côté est de la maison pour sa part est particulièrement intéressant à examiner. On notera les petites fenêtres à l'ouest comme à l'est qui permettaient d'aérer les combles. Après les années 1920, le portique et son balcon étaient enlevés pour faire place à une galerie couverte ceinturée par une balustrade au nord comme à l'ouest. Des bardeaux d'amiante posés en hexagone ont été posés sur les murs, ce qui constituait une protection contre le feu. Aujourd'hui, cette maison est considérée comme l'un des joyaux du patrimoine magnymontois.

Nous ignorons qui a construit cette maison et quelle famille l'occupa à ses débuts. Les plus anciens occupants connus sont François-Xavier Jobin, rentier, et sa femme Henriette Dostie. Nous savons que ceux-ci vivent à Montmagny en 1861 et que M. Jobin a alors 57 ans. Il est certain qu' Albert-Joseph Bender est propriétaire de la résidence en 1878. Fils de Jacques-Albert, Bender est connu à l'époque comme un brillant avocat. Il devient maire de la ville de Montmagny de 1909 à 1918. Après son décès, la maison passe aux mains de son fils Michel et en 1923, elle fut acquise par Ernest Proulx. Ce dernier la vend dans les années 1960 aux religieuses des Soeurs de la Charité. Elle sera achetée par Jean Hébert en 1969.

Maison François-Jacques-Albert-Bender

177, rue Saint-Joseph

Cette maison a été construite autour de 1820. Elle se situe sur un site exceptionnel qui permettait à ses propriétaires d'avoir une vue intéressante sur le fleuve Saint-Laurent. L'intérêt de cette maison est double. D'abord, il repose sur un ensemble architectural qui comprend un hangar surplombant un cran rocheux. En outre, elle a appartenu à des personnalités importantes. Malheureusement, son allure a été considérablement modifiée au fil des années.. Cette résidence a d'abord été coiffé d'un toit à deux versants d'inspiration française don l'influence était encore palpable dans l'architecture de la fin du XVIIIe siècle. On lui ajouta trois lucarnes, et une galerie en façade et sur le côté ouest. Une annexe à l'arrière a complété l'ensemble avant les années 1900. La grande lucarne en façade que l'on aperçoit actuellement a été construite dans les années 1940. Juste à l'est de la maison on y trouve un hangar construit après 1907, soit peu de temps après la construction d'un mur de soutien en béton armé. Il est intéressant de constater que le hangar possède une cheminée. La tradition veut que les domestiques de la résidence principale aient vécu dans les combles de ce bâtiment. A l'origine, le rez-de-chaussée servait à entreposer les voitures hippomobiles. Un escalier menait même jusqu'à l'écurie qui était située au niveau de la rue du Moulin.

Il est difficile de connaître les plus anciens occupants de cette maison. En 1860, il est certain que François-Jacques Albert Bender, protonotaire y habite avec son épouse Sophie-Mathilde Taché, fille aînée d'E.P. Taché, et ses enfants. Philippe-Auguste Choquette acquiert la maison et la propriété probablement après son mariage avec Marie Bender, la fille du protonotaire. Homme politique et homme d'affaires, Choquette joue un rôle important dans le développement de Montmagny. A l'époque, où il résidait dans cette maison, son épouse y tenait « salon », recevant les plus hauts dignitaires du pays, tel que Wilfrid Laurier, Honoré Mercier et même le gouverneur général Albert Henry George Grey, 4e comte Grey et son épouse. Toute une vie sociale y régnait. À l'époque, l'on se plaisait à appeler cette résidence l'Asile Champêtre. Choquette revendra sa résidence à David-Ovide Lespérance en 1917. Natif de Montmagny, il fut député conservateur de Montmagny aux Communes en 1911 et Sénateur de 1917 à 1941. Une dizaine d'années plus tard, elle passait aux mains de Philippe Béchard directeur gérant de l'usine Bélanger.

Maison William-Lee-Patton

178, rue du Moulin

Cette maison a été construite avant 1840. Elle se situe dans un environnement particulier qui a été marqué par la présence de quatre moulins à farine. Avec son toit à deux versants, ses trois lucarnes bien centrées et son portique surmonté d'un fronton, cette maison est de style néoclassique. Ses fenêtres et ses plafonds bas permettent de situer sa construction avant 1840. Elle possède toutefois une cave importante. Elle a cependant subi quelques transformations au cours des décennies. Au début des années 1900, son apparence est tout autre. Une galerie de style américain, c'est à dire sans balustrade, la ceinture. Son côté est se pare d'une véranda vitrée étonnante par sa hauteur.

Il est difficile de faire la liste des occupants de cette maison, car le terrain où elle se trouve a longtemps été intégré au domaine seigneurial. Il est certain que les descendants de William Randal Patton l'ont habité jusqu'en 1916. Ce dernier est connu pour avoir été le dernier seigneur de la seigneurie de la Rivière-du-Sud de 1843 à 1854. Dans les décennies suivantes, les Patton seront toujours propriétaires du territoire de l'ancienne seigneurie et des dépendances Elle comprendra l'ancien manoir en pierres de Couillard de Lespinay, le moulin à farine construit en 1850 et cette maison. Après la saisie des biens de William Patton en 1878, le domaine est cependant morcelé. Son fils William Lee et son épouse Susan Kelton garderont cette maison jusqu'à son décès. En 1916, la résidence sera vendue par Edith Patton au cultivateur Louis Coulombe. Ce dernier la conservera jusqu'en 1927. Enfin, cette résidence passe aux mains de Laurent Fortier et sa famille dans les années suivantes.

Maison Jean-Baptiste-Robin

198, rue du Manoir

Cette maison construite au milieu du XIXe siècle a subi des modifications importantes, en raison de son agrandissement vers le sud. Se situant à l'angle des rues du moulin et du manoir, sa localisation n'est peut-être pas étrangère aux activités du moulin à farine que l'on trouvait à proximité au XIXe siècle. Cette maison possède un toit à deux versants recouverts de tôle à la Canadienne. En façade, elle est caractérisée par une galerie et des ouvertures asymétriques. La galerie est surmontée d'un pignon à fronton droit, signe de l'influence néoclassique prédominante à Montmagny au XIXe siècle. Cette maison a rempli plusieurs fonctions au cours des décennies.

Le plus ancien propriétaire connu de cette maison est le journalier Jean-Baptiste Robin et son épouse. En 1905, celui-ci la vend à l'avocat Philippe-Auguste Choquette, mais Robin décide d'en être locataire. En 1918, Choquette rétrocède la maison aux Robin. Puis, en 1931, Cordélia Robin, fille de Jean-Baptiste, vend de nouveau la propriété à Choquette. Dans les années suivantes, l'avocat aurait loué cette maison à d'autres occupants. En 1934, il la vendra au rentier Télesphore Drapeau. C'est à partir de 1939 qu'elle passait entre les mains de la famille d'Armand Paquet.

Moulin William-Randal-Patton

200, rue du Manoir

Ce moulin a été construit en 1850 par William Randal Patton, le dernier seigneur de la Rivière-du-Sud. Originaire de Londres, celui-ci est arrivé au Canada en 1823 et a fait sa fortune comme marchand de bois à Québec, puis à Montmagny. De fait, en 1843, il devient seigneur de la seigneurie de la Rivière-du-Sud et acquiert semble-t-il les droits de banalité en 1849. Quatrième moulin à farine à voir le jour en bordure de la rivière des Vases, il est toutefois le premier à se situer au bas de la côte de la rue du Manoir. Après sa construction, il comprend deux grandes roues en fonte de dix pieds de diamètre et six paires de moulanges. Ce moulin à farine emprunte son architecture au style monumental ou palladien en raison de sa massivité et de la présence d'un toit à croupes pourvu de petites lucarnes. Le logement du meunier se distingue de l'ensemble, car il se rapproche de la rue. Au début, on y avait accès par une grande porte au rez-de-chaussée.

Après l'abolition du Régime seigneurial, ce moulin sera toujours la propriété de William Patton. Celui-ci est un important négociant de Québec. Il fait également de l'exploitation forestière dans le canton Ashburton. Celui-ci décède toutefois en 1853 laissant à ses enfants son héritage. Le domaine seigneurial fera l'objet d'un morcèlement important après les années 1880. En 1883, le meunier Jean-Baptiste Proteau se porte acquéreur de ce moulin et décide d'y rester tout en conservant ses droits pour utiliser la carderie. Cinq ans plus tard, ses biens sont saisis. Le moulin passe alors aux mains de sa femme Kate Forest et Eugène-Prosper Bender. Les Bender l'exploitent pour un temps. Il sera acquis par J.A. Bruneau. À l'abandon durant deux ans jusqu'à son achat en 1921 par Joseph Francoeur, le moulin a subi un certain délabrement. Durant son inactivité, il a nourri l'imaginaire et plusieurs ont pour un temps cru que le bâtiment était hanté. Après avoir subi des rénovations par Francoeur, il reprendra ses activités et plus intensément à la saison de navigation.

Dans les années 1930, l'importance économique de la meunerie est non négligeable. Annuellement, on y sort 800 000 livres de moulée. La carderie est toutefois modeste. En 1938, on y carde 300 livres de laine. En 1945, l'ancien meunier de Saint-Henri Roland Longchamps acquiert le moulin et lui ajoute l'électricité deux ans plus tard. Le bâtiment cesse ses activités pour devenir une usine pour la préparation de moulées. Son propriétaire y prépare une moulée originale dite Citadelle et fort appréciée pour la nutrition animale dans la région. Transformé récemment en condominiums, le moulin a longtemps nourri l'imaginaire. En 1954, le journaliste R. Pérusse du journal Le Courrier de Montmagny affirmait : « Nous espérons sincèrement que le vieux moulin aura un jour prochain sa plaque commémorative et sera catalogué aux nombreuses choses susceptibles d'intéresser les étrangers qui nous visitent ».

Maison Pierre-Nicole

212, rue du Manoir

Cette résidence imposante a été construite en 1907 par le menuisier Pierre Nicole qui en avait, semble-t-il, également dessiné les plans. L'architecture de cette maison est d'inspiration néogothique. On notera la présence de la baie en saillie ornementée et d'une tour d'angle qui ajoutent une allure de château à l'ensemble. Toutes les fenêtres sont également surmontées par un léger fronton et ornées par une feuille d'érable. La galerie arrondie comprend une balustrade et des piliers de galerie tournés. Un treillis dissimule les fondations et donne une certaine massivité à cette résidence. Au cours des années, elle a fait l'objet d'un agrandissement vers l'ouest.

Il n'est pas exagéré d'affirmer que cette résidence représente le phare de toute l'architecture que l'on trouve dans ce secteur, mis à part le Manoir des Érables et quelques maisons d'influence états-unienne. En effet, le menuisier Pierre Nicole a construit plusieurs autres maisons dans ce quartier. Apprenti en menuiserie à Montréal auprès de l'entrepreneur Gérénime Campeau, Nicole oeuvre par la suite comme constructeur à New York et à Saint-Simon près de Rimouski. À Montmagny, il ouvre une petite fabrique de portes et châssis contribuant à la construction de dizaines de maisons et d'usines dans la ville, entre autres, les bâtiments de la Machine agricole nationale. Pierre Nicole n'a peut-être pas toujours habité cette demeure, car après le décès de sa deuxième femme, Emma Lachance, il en possède trois autres sur la rue des Érables. Enfin, cette résidence passera aux mains du cultivateur Ludovic Têtu en 1956 puis à Roland Morin en 1971.

Manoir seigneurial Antoine-Gaspard-Couillard-de-Lespinay

220, boulevard Taché Est

Cet ancien manoir seigneurial a été construit entre 1814 et 1818 par le seigneur et médecin Antoine-Gaspard Couillard (1789-1847). La construction du bâtiment en pierre est attribuée pour le moment à l'architecte François Baillargé. Celui-ci signe les devis de la maçonnerie du manoir exécutée par Joseph Petitclair et trois autres maçons. En plus du bâtiment principal, ces ouvriers spécialisés réalisent également un hangar, un fournil, une glacière et une aisance. Tous ces bâtiments en pierre symbolisent sans l'ombre d'un doute la richesse que souhaitait montrer le seigneur du temps.

Le domaine seigneurial d'Antoine-Gaspard Couillard est imposant. Borné par les terres de la famille Oliva à l'ouest, il s'étend entre la rivière du Sud et le fleuve Saint-Laurent. Les caractéristiques architecturales du manoir correspondent au style monumental (palladien) propres aux maisons bourgeoises de ville entre 1790 et 1830. À ce titre, il possède un toit à quatre versants, des lucarnes à croupe et un fronton en façade. Il a fait l'objet de quelques modifications au cours des années.

Cet ancien manoir seigneurial a été le lieu de résidence du seigneur Antoine-Gaspard Couillard. Sans doute pour des raisons monétaires, celui-ci le vendit en 1827 à Jacques Oliva. Il semble qu'il soit passé aux mains de William Randal Patton, entre 1845 et 1849. Important négociant de Québec et seigneur de la Rivière-du-Sud de 1843 jusqu'à la chute du régime seigneurial en 1854, Patton pourrait avoir fait des affaires dans cette résidence comme en témoigne James MacPherson Lemoine dans ses écrits. Après le décès de William Randal Patton en 1853, le manoir passe aux mains de plusieurs personnes : William Cook Spiller, en 1878, Jean-Baptiste Proteau, en 1883, et l'arpenteur et ingénieur civil Eugène-Prosper Bender, en 1888. Après l'achat de l'ancien domaine seigneurial par la Compagnie de construction de Montmagny en 1900, le Manoir était vendu à Maurice Rousseau, avocat et fondateur du journal hebdomadaire Le Peuple. Parmi ses propriétaires, dans les années suivantes, mentionnons la compagnie M.E. Binz de Montmagny. Depuis quelques décennies, le manoir seigneurial est devenu un hôtel et une table gastronomique de grande renommée.

Maison Uldéric-Roy

54, avenue des Érables

L'histoire de cette maison est intimement liée au lotissement de l'avenue des Érables, au début du XXe siècle. Lors de sa construction, elle se retrouve sur un vaste lot borné au sud-ouest par la rue de la Fabrique, lequel sera éventuellement subdivisé. Elle a probablement été construite entre 1914 et 1920 et occupée par le menuisier Uldéric Roy originaire de Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud. 

Cette résidence est un bel exemple de la maison de style vernaculaire industriel. Avec sa forme carrée, elle représente la maison urbaine du début du XXe siècle. Il s'agit d'un modèle qui a été standardisé à cette époque. La maison Uldéric Roy a la forme d'un L. Ce modèle architectural qui remonte aux années 1840-1850 est encore utilisé au début du XXe siècle. Cette résidence se pare de bardeaux décoratif en forme d'écailles. Avec sa galerie, ses colonnes et sa tour en demi-oeuvre, elle offre un certain équilibre dans l'ornementation sans tomber dans la surcharge. Le larmier est orné de modillons en forme de feuilles d'érable, que l'on retrouve aux consoles de la galerie.

Maison Émile-Bernier

61, avenue des Érables

Cette maison a été construite entre 1908 et 1911. À l'époque, dans ce secteur, il fallait respecter l'alignement des maisons et des arbres dans l'aménagement de même que leur distance par rapport à la rue. C'est pourquoi aujourd'hui, l'avenue des Érables, qui porte bien son nom, représente l'une des zones résidentielles les plus vertes de la ville de Montmagny. L'architecture de cette résidence s'inspire des styles néo-italien et vernaculaire industriel. Son toit se pare au sud d'une importante lucarne. La galerie couverte en bois comprend des colonnes tournées, des consoles sculptées et une balustrade dite de Montmagny. La propriété sur laquelle se trouve cette maison a antérieurement appartenu à l'industriel Amable Bélanger, à la Société de construction permanente de Montmagny et à la famille du journalier Johnny Corneau. Il est certain qu'elle fut construite en 1911 puisque le menuisier Émile Bernier la vendait à Georges Rémillard. Ce dernier la conserve un certain temps, mais la revend à Bernier qui en demeure propriétaire jusqu'en 1955. Cette année-là, elle passera aux mains de Maurice Talbot.

Maison Alexandre-Proulx

73, avenue des Érables

La construction de cette résidence remonte en 1909. Elle appartient alors au cultivateur Alexandre Proulx. Elle change toutefois de propriétaires à cinq reprises entre 1909 et 1918, ce qui nous fait croire que la propriété a fait l'objet de spéculation foncière. En 1918, le journalier Philémon Robin l'acquiert et la conserve jusqu'en 1938. La résidence sera achetée par l'ingénieur Paul Métivier en 1940 et passera aux mains de ses descendants durant un peu plus de quatre décennies.

Cette maison de style Regency est semblable à la Maison Louis-Couillard-Dupuis de la rue des Canotiers. La forme de son toit nous informe de ce style qui au XIXe siècle était répandu pour la construction de villas semi-urbaines ou rurales. Ces villas furent souvent associées au mouvement pittoresque ou à la naissance d'une sensibilité à la nature qui a perduré au début des années 1900 comme en témoigne cette résidence. Les quatre versants de son toit se terminent par une légère courbe démontrant l'influence de la mode chinoise à l'époque. Cette résidence évoque tardivement l'influence du néo-classicisme dans l'architecture québécoise. La présence du fronton et des moulures de portes en forme de virgule « dite de Montmagny » rompt avec la sobriété de l'ensemble.

Maison Raoul-Thibault

90, ave des Érables

Cette maison a été construite vers 1916. La présence d'une grande lucarne-pignon révèle le style vernaculaire-industriel qui s'est imposé au tournant du XXe siècle. Ici, une importance a été accordée au grenier, comme en témoigne une petite fenêtre percée dans cette lucarne. Cette résidence a sans doute été construite par l'entrepreneur menuisier Raoul Thibault après qu'il ait acquis ce terrain de l'homme d'affaires Arcadius Caron. En septembre 1933, elle passera aux mains de Corinne Joncas. Mais Thibault le vendeur se réservera jusqu'en juillet 1934 une pièce au grenier pour y entreposer une partie de ses effets personnels. Après le décès de la propriétaire, en 1953, la maison est achetée par le maire de la municipalité de Saint-Antoine-de-l'Isle-aux-Grues Jean-Baptiste Painchaud. Ce dernier sera par ailleurs conseillé municipal à la Ville de Montmagny. En 1986, elle sera cédée à Nicole Laliberté et Germain Ouellet.

Maison Norbert-Bouchard

187, rue Saint-Louis

La construction de cette maison est reliée au lotissement de l'ancien domaine des seigneurs Couillard de Lespinay au début du XXe siècle. En 1903, la Société de construction du district de Montmagny vendait un lot à Norbert Bouchard qui ne tarda pas à se construire une résidence. La localisation de cette maison à l'angle des rues des Érables et Saint-Louis a probablement joué un rôle dans l'adoption de certaines caractéristiques de son architecture. De fait, la porte principale à angle, flanquée par deux baies latérales, attire le regard. Avec son toit mansardé, elle adopte tardivement le style Second empire. L'ajout de consoles près de la chute du toit et au sommet des colonnes de la galerie donne une note esthétique à l'ensemble. On aperçoit également l'influence du style néoclassique dans l'ornementation des ouvertures et la mouluration des fenêtres à l'étage. La galerie dite « de Montmagny » qui ceinture la maison répond autant à des motivations esthétiques que pratiques.

Cette résidence a été construite pour les besoins de Norbert Bouchard son premier propriétaire. Après son décès, elle passa aux mains de son épouse qui la vendit au cuisinier Ludger Thibault. Elle appartiendra par la suite à sa femme et ses descendants jusqu'en 1985. Cette année-là, elle était acquise par Jacques Deschamps.

Maison John-Paton

227, rue du Manoir

Cette maison a été construite à la fin du XIXe siècle. Elle se situe dans un environnement marqué par les activités forestières et maritimes des Price qui possédaient à proximité un moulin à scie et un quai, aujourd'hui disparu, auquel ils avaient accès par la rue du quai. Cette maison à toit mansardé à un étage est l'un des plus beaux exemples du style Second empire à Montmagny. Son toit est recouvert de tôle à la canadienne et comprend des lucarnes asymétriques. La galerie couverte qui a été refaite est entourée d'un garde corps en fonte. Il est à noter que les balustres proviennent fort probablement de la fonderie Bélanger.

Au XIXe siècle, cette résidence fait partie d'un vaste lot qui comprend le manoir seigneurial et le moulin à farine de la rivière des Vases. Il s'avère difficile de connaître exactement les occupants de cette maison, car dans les documents on fait mention des bâtiments construits sur la propriété. Tout porte à croire qu'elle faisait partie du domaine des Patton avant la saisie de leurs biens en 1878 et qu'elle aurait été habitée par John Patton fils de William. En 1883, toutefois, Jean-Baptiste Proteau fait l'acquisition de ce même domaine. Veuf de Geneviève Cloutier, il se remarie avec Melvina Labelle en 1887. L'année suivante, une partie de ses propriétés est également saisie. Or, Proteau semble avoir conservé cette maison et le moulin puisqu'il les revend à Adélard et Victor Proteau avec le droit toutefois de rester à la « demeure » du moulin. Cette maison sera vendue par la suite par Melvina Labelle à Joseph Thibault. Les Thibault l'habitent jusqu'en 1901, au moment de son acquisition par la Montmagny Light and Pulp. Ayant fusionné cette année-là avec la Compagnie manufacturière et électrique de Montmagny, cette dernière est dirigée entre autres par William Price (III) et Harry Price. La propriété comprend alors une maison, une scierie, des dépendances, un pouvoir d'eau, un quai, des chaussées et des digues. À partir du début du XXe siècle, cette résidence passera aux mains de plusieurs propriétaires : la Compagnie Basin and Electric Light en 1908, l'électricien George G. Collie, en 1921. Celui-ci l'aurait cédée à J.A. Fortier en 1946. Elle passa par la suite aux mains de Ellul Carbonneau, peintre décorateur.

La maison Adrien J. Collin

229, rue du Manoir

Cette maison a été construite en 1946. Elle est l'une des rares à Montmagny à posséder une architecture de style Art déco. Bien que ce mouvement avant-gardiste ait été populaire entre 1920 et 1940, particulièrement dans les nouveaux quartiers des villes où se rencontrent des professionnels, il a toutefois perduré dans la décennie suivante. Associé au modernisme et à l'urbanité, cette résidence a conservé son aspect d'origine bien qu'elle ait subi des rénovations extérieures récemment. Cette maison a connu quelques propriétaires depuis sa construction. Après ses études au Massachusetts Institute of Technology (MIT), Adrien J. Collin entreprend une brillante carrière dans l'industrie. Il fonde en 1934, la National Electric Refrigerators inc., une manufacture magnymontoise spécialisée dans la fabrication de réfrigérateurs. Il sera maire de Montmagny de 1945 à 1947 et de 1964 à 1966.

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Imprimé le : 28 juillet 2017