Ville de Montmagny
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  • Montmagny, le meilleur des deux mondes
  • Une vraie qualité de vie à deux pas de tout
  • Une ville fière de son histoire
  • Montmagny, capitale de l'oie blanche
  • La Bibliothèque de Montmagny
  • Une ville tournée vers le fleuve

Un peu d'histoire

En parcourant Montmagny, on sent l'histoire vivante et fière d'une ville fondée il y a plus de 360 ans. Manoirs seigneuriaux, demeures patrimoniales soigneusement préservées et restaurées, lieux d'interprétation évocateurs, la ville se raconte à ceux qui la regardent. 

L'actuelle ville de Montmagny tire ses origines du régime seigneurial qui a eu cours au Québec jusqu'en 1854. En 1646, la seigneurie de la Rivière-du-Sud fut concédée à Charles-Huault de Montmagny, alors gouverneur de la Nouvelle-France. Entre la fondation de la première paroisse, Saint-Thomas-de-la-Pointe-à-la-Caille, et la ville industrielle et dynamique que nous connaissons aujourd'hui, l'histoire de Montmagny est jalonnée de hauts faits, de drames, de succès et de personnages illustres. 

Charles Huault de Montmagny est né en France vers 1583. Il est issu d'une famille noble qui était propriétaire de la seigneurie de Montmagny, près de Paris, depuis le XVIe  siècle. En raison de l'importance de sa famille dans le développement de cette commune, Charles Huault décida d'ajouter Montmagny à son nom de famille. Après avoir écumé toutes les mers du monde sous le pavillon de l'Ordre de Malte, il fut recruté par le Cardinal de Richelieu au sein de la Compagnie de la Nouvelle-France. En 1636, il fut nommé premier gouverneur de Nouvelle-France au nom du roi de France, remplaçant ainsi le lieutenant Samuel de Champlain. 

En terre d'Amérique, Charles Huault de Montmagny se vit confier la seigneurie de la Rivière-du-Sud. En tant que premier seigneur, il reçu un territoire en friche où tout était à construire. Il ne passa que peu de temps sur sa seigneurie et la quitta après l'avoir à peine exploitée. Néanmoins, il s'agit d'un personnage important dans l'histoire de la Nouvelle-France. 

Nommé gouverneur de la Nouvelle-France en 1636, 1639, 1642 et 1645, il organisa les défenses militaires de la colonie afin de parer la menace Iroquoise. Il contribua par ailleurs à établir la paix avec les Amérindiens. Les Hurons traduisirent son nom par Ononthio, ce qui signifie Grande Montagne. Par la suite, tous les gouverneurs de Nouvelle-France portèrent le nom Ononthio. Rappelé en France en 1648, il mourut dans les Antilles le 4 juillet 1657. 

La Ville de Montmagny est liée par un pacte d'amitié avec son homonyme en France. Grâce à cette collaboration, une exposition permanente en l'honneur de Charles Huault de Montmagny est installée dans le secteur de la promenade du Bassin, près d'un monument dédié à cet illustre personnage. 

La famille Couillard a fortement contribué au développement de la seigneurie de la Rivière-du-Sud. Issus d'une famille noble, les Couillard sont les descendants des tout premiers colons français venus s'établir en Nouvelle-France. Ils furent seigneurs et coseigneurs de la Rivière-du Sud de 1654 à 1759, soit durant plus de 100 ans. 

Louis Couillard de Lespinay fut le deuxième seigneur de la Rivière-du-Sud. Aventurier et avisé pour les affaires, il pratiqua la traite des fourrures, la pêche au phoque et exploita même une mine. Il ne s'installa pas sur la seigneurie, préférant naviguer sur le Saint-Laurent pour pêcher la morue. Cependant, il pratiqua la pêche au saumon à Montmagny, lequel abondait à cette époque dans le bassin de la rivière du Sud. 

Ses descendants se chargèrent de développer la seigneurie. Tour à tour, ils la firent arpenter, y construisirent des moulins à farine, y exploitèrent le saumon et y accordèrent de nombreuses concessions à des censitaires. Dans les années 1750, plusieurs des descendants des Couillard vendirent leurs terres seigneuriales en raison de la menace d'une invasion anglaise, laquelle ne tarda pas à survenir. 

Sir Étienne-Paschal-Taché est considéré comme le premier des pères de la Confédération canadienne. Militaire, médecin et politicien, cet homme engagé a marqué l'histoire du pays. Il est né le 5 septembre 1795 à Saint-Thomas-de-Montmagny. À 16 ans, engagé comme volontaire dans la guerre contre les États-Unis, il assista les médecins et les chirurgiens du bataillon. Cette expérience le décida à compléter des études de médecine à Québec puis à l'Université de Pennsylvanie. 

À son retour au Québec, il épousa Sophie Morency et s'établit à Montmagny où il pratiqua la médecine avec dévouement durant 22 ans. Cependant, après quelques années de pratique, Taché commença à s'inquiéter des conditions réservées aux Canadiens-Français exerçant une profession libérale. À partir des années 1830, il décida donc de s'investir au sein d'organisations défendant la reconnaissance des droits et des compétences de ses confrères médecins, notaires ou avocats, et qui favorisaient l'accès des Canadiens-Français à ce type de professions. 

Il prit aussi part au mouvement patriote qui se développa à cette époque. En 1837, il organisa même une assemblée patriote et reçu à Montmagny les chefs du mouvement, Louis-Joseph Papineau et Augustin-Norbert Morin. Pacifiste et conciliateur né, il refusa cependant de prendre les armes lors des rébellions de 1837-1838. Après la répression et les défaites des patriotes, Taché n'abandonna pas son projet de créer un mouvement de reconnaissance pour les Canadiens-Français. En 1841, il quitta la médecine pour être élu député du comté de L'Islet. 

Durant toute sa carrière politique, Étienne-Paschal Taché consacra ses énergies à la défense et à la sauvegarde des institutions et des intérêts des Canadiens-Français. Pour ce faire, il utilisa ses armes les plus redoutables : son intégrité et sa force de conciliation. Il cumula des fonctions prestigieuses, dont celles d'adjudant-général des milices du Canada-Est, conseiller législatif et exécutif, receveur-général, commissaire des travaux publics et même premier ministre à deux reprises. 

Il consacra la dernière année de sa vie à son plus grand projet, soit la confédération des provinces de l'Amérique du Nord britannique. Malgré son âge avancé et ses fonctions de premier ministre et de ministre de la milice et des finances, il accepta de présider les Conférences de Québec, lesquelles jetèrent les bases de la Confédération. 

Forcé de quitter la vie publique par son état de santé, il mourut à Montmagny le 30 juillet 1865, sans pouvoir assister à la concrétisation du projet pour lequel il s'était battu jusqu'au bout de ses forces. 

Louis-Jacques Casault est le fondateur de l'Université Laval. Il est né le 17 juillet 1808 à Saint-Thomas de Montmagny. Il est le petit-fils de Jean-Baptiste Casault, immigrant français venu de Normandie en 1759. Très jeune, on lui découvrit un talent particulier pour les études classiques. Il entra au Petit séminaire de Québec en 1823 où il fit cinq années de brillantes études. Il fut ordonné prêtre en 1831, mais c'est dans l'enseignement qu'il fit toute sa carrière. L'école secondaire de Montmagny a été nommée en son honneur. 

Directeur des écoliers du Petit séminaire de Québec de 1843 à 1851, Louis-Jacques Casault avait un souci reconnu pour le bien-être des étudiants. En plus de faire agrandir les cours de récréation, il se chargea de l'aménagement paysagé et il institua une fête annuelle en l'honneur de Monseigneur François de Laval. Préoccupé par la qualité de l'enseignement offert aux jeunes Canadiens-Français, Louis-Jacques Casault entreprit de fonder la première université francophone pour la population du Bas-Canada. 

Après plusieurs années de démarches, des voyages en Europe et des demandes répétées à Rome, Louis-Jacques Casault put fonder l'Université Laval en 1853, nommée en l'honneur de François de Laval. D'après la charte rédigée par Casault et ses collègues, la même personne devait assumer la charge de supérieur du séminaire de Québec et de recteur de l'université. Comme il assurait cette charge au collège depuis 1851, il devint le premier recteur de l'Université Laval. 

Jusqu'en 1860, Louis-Jacques Casault s'assura de la construction des pavillons, de la qualité des étudiants recrutés, de l'excellence des professeurs en charge des différentes facultés et de toutes les questions touchant le développement et le rayonnement de l'université. Il mourut à Québec le 5 mai 1862. 

La famille Price
Entre 1833 et 1924, trois générations de Price développèrent l'industrie forestière à Montmagny et sur la Côte-du-Sud. Ce fut l'industrie la plus florissante à l'époque, employant des centaines de travailleurs et redessinant le paysage. C'est en partie aux entreprises des Price que l'on doit le développement de certaines municipalités au sud de Montmagny. 

En 1833, le seigneur Jean-Baptiste Couillard Dupuy loua son moulin à scie au premier entrepreneur de la dynastie Price, William Price. D'abord propriétaire de plusieurs terres boisées le long de la rivière du Sud, il exploita aussi des lots plus au sud. À son décès en 1867, ses deux fils, William-Evans et David-Edouard, prirent la relève et poursuivirent l'expansion de la scierie. 

L'industrie était si importante que le Conseil du village lui permit d'ouvrir un canal supplémentaire entre le bras Saint-Nicolas et la rivière du Sud afin d'améliorer le transport des billots. La scierie des frères Price était alors devenue le deuxième plus important employeur dans toute la région. Un troisième frère, Evan-John, pris la relève en 1891. Il fit construire une scierie à vapeur afin d'augmenter la capacité de production. Selon l'historien Yves Hébert, en 1893, l'entreprise des Price comptait 350 travailleurs et possédait une flotte de 20 navires. 

Après le décès d'Evan-John Price, son neveu William Price III hérita de l'entreprise. Homme d'affaires visionnaire, il créa la Montmagny Light and Pulp Company, une usine de pâte à papier doublée d'une installation hydro-électrique, en 1901. Peu rentable, la compagnie dû fermer ses portes cinq ans plus tard. En 1908, il fonda la Basin Electric Light and Power Limited, une compagnie qui assura l'énergie nécessaire aux 78 lampes de rue de la ville.  

En 1912, après un incendie survenu dans les installations de Cap-Saint-Ignace, William Price III fit construire un nouveau moulin à Montmagny, lequel sera aussi la proie des flammes en 1920. La compagnie des Price déclina jusqu'à sa fermeture en 1938, emportée par la période d'après-guerre et la grande dépression.  

Amable Bélanger est sans contredit un des hommes d'affaires ayant le plus marqué l'histoire industrielle de Montmagny. Il est né en 1846, à Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud, une municipalité située au sud-ouest de Montmagny. Après des études à Lévis, il revint dans son village natal en 1867 pour y exercer le métier de maître fondeur. Dans son échoppe, il fabriqua d'abord des chaudrons et des instruments aratoires à petite échelle. Visionnaire, Amable Bélanger avait cependant des projets ambitieux pour son commerce. 

Pour augmenter son volume d'affaires, il lui fallait s'installer près du chemin de fer. Cette voie de communication permettait d'écouler ses produits et de s'approvisionner en matières premières plus facilement. En 1872, il s'installa donc à Montmagny, près de la gare ferroviaire. En 1889, il construisit un bâtiment industriel pour abriter sa fonderie. Cet édifice de pierres fit figure de pionnier dans le centre-ville de Montmagny où il trône toujours.

Vers la fin du XIXe siècle, l'entreprise d'Amable Bélanger était le 2e employeur de la ville. On y construisait des instruments aratoires mais surtout des poêles à bois. C'est d'ailleurs cet instrument, essentiel aux foyers québécois de l'époque, qui fit la renommée de la fonderie à travers tout le pays. Plusieurs agrandissements furent nécessaires pour soutenir la croissance de l'entreprise et répondre à la demande. Au début du XXe siècle, l'entreprise employait 200 ouvriers. La fonderie A. Bélanger Limitée a marqué le paysage industriel magnymontois durant 140 ans. 

Amable Bélanger s'est impliqué avec énergie dans le développement économique de la ville. Il fut tour à tour actionnaire de la Compagnie manufacturière et électrique de Montmagny, membre du bureau de direction de la Montmagny Light And Pulp Company, président de la Société de construction de Montmagny et premier président de la Chambre de commerce de Montmagny. Il s'éteignit à Montmagny le 22 septembre 1919 à l'âge de 73 ans. 

Afin d'en apprendre davantage sur ce personnage et sur la fonderie qui porta son nom, rendez-vous à l'espace Bélanger, sur la rue Saint-Jean-Baptiste Est. Des panneaux d'interprétation y relatent l'histoire de l'industrie et retracent l'évolution du poêle à bois. 

Edwin Bélanger est né à Montmagny le 18 novembre 1910. Violoniste virtuose et chef d'orchestre, il fut le premier directeur musical et artistique de l'Orchestre symphonique de Québec. L'auditorium de Montmagny a été nommé en son honneur en 1993. 

Au terme de ses études à Québec auprès d'un grand violoniste, l'excellence de son parcours académique lui valu le Prix d'Europe. Cela lui permit d'aller se perfectionner durant deux ans en France et en Angleterre. Dès son retour au Québec, Edwin Bélanger prit la tête du Cercle philarmonique de Québec en plus de figurer parmi les instrumentistes de la Société symphonique de Québec. Grand pédagogue et vulgarisateur, il s'appliqua à développer l'intérêt des jeunes publics et à présenter un répertoire nouveau. 

En 1942, les deux organismes se fusionnèrent pour former l'Orchestre symphonique de Québec avec Edwin Bélanger à sa tête. Il poursuivit dans la même lignée d'audace et de diversification des publics en plus d'organiser un concours dédié à la relève. Il fut également chef de la musique au Royal 22e Régiment de 1937 à 1961. Sous cette bannière, il effectua des tournées en Extrême-Orient, en Europe et aux États-Unis. Après cette expérience, il revient à L'OSQ au sein duquel il assuma différentes fonctions, en plus de celle d'instrumentiste, jusqu'en 1984. 

Celui qui fut également professeur au Conservatoire de musique de Québec, juge de concours, propriétaire d'un magasin d'instruments de musique et président de l'Académie de musique du Québec reçut un doctorat honorifique en 1984, décerné par l'Université du Québec. Edwin Bélanger s'est éteint à Lévis, le 14 janvier 2005.

La famille Rousseau
En 1915, l'électricien Lacasse Rousseau vint s'établir à Montmagny avec sa famille. Ses fils André et Jacques et lui furent d'influents hommes d'affaires à Montmagny. Ils jouissent d'ailleurs d'une notoriété qui dépasse largement les frontières de la ville.

Lacasse Rousseau fonda à Montmagny la Electrical Manufacturing, une compagnie spécialisée dans la fabrication de produits de transmission électrique. Son fils André suivit le modèle industriel de son père et fonda Rousseau Métal, à Saint-Jean-Port-Joli, en 1950. Il fut également député provincial et ministre de l'Industrie et du Commerce sous Jean Lesage.

Jacques Rousseau, pour sa part, mena une brillante carrière d'ethnobotaniste. Élève du frère Marie-Victorin, il mena avec lui de nombreux voyages d'exploration dans le nord du Québec. Il fut également professeur de botanique à l'Université de Montréal. Ses voyages d'exploration de la toundra le poussèrent à s'intéresser aux Amérindiens et aux Inuits.

Jacques Rousseau participa à la création du Jardin Botanique de Montréal, aux côtés du frère Marie-Victorin. Il fut directeur de l'institution de 1944 à 1957. Il fut aussi directeur du Musée de l'Homme à Ottawa, de 1956 à 1959. Cette même année, il rejoignit le Centre d'études arctiques et finno-scandinaves de la Sorbonne, à Paris. De 1962 jusqu'à sa mort, il occupa le poste de directeur de la recherche au Centre d'études nordiques de l'Université Laval. Ses travaux font encore autorité.

Les vestiges du régime seigneurial

Plusieurs seigneurs se sont succédés sur le territoire de Montmagny, lequel était à l'origine divisé en deux seigneuries. Ces personnages de la noblesse ont fait construire de magnifiques bâtiments dont trois subsistent aujourd'hui.

Le Manoir Couillard-Dupuy
Jean-Baptiste Couillard-Dupuy fut seigneur du domaine de la rive droite de la rivière du Sud de 1797 à 1841. En 1798, il se fit construire un manoir dont le carré original était de 58 pieds par 30 pieds. La forte pente du toit à deux versants et les fenêtres françaises à 12 carreaux traduisent l'esprit français qui avait cours dans l'architecture à cette époque. Ce manoir, classé monument historique, abrite maintenant le Musée de l'accordéon.

Le moulin à farine de Jean-Baptiste Couillard-Dupuy
Le moulin à farine était le coeur de la vie des censitaires à l'époque seigneuriale. Le seigneur Jean-Baptiste Couillard-Dupuy fit construire celui-ci en 1845. Bien qu'il ait subi plusieurs transformations, on peut encore admirer sa magnifique maçonnerie au 22, rue des Canotiers. Ce moulin a accueilli les activités des frères Price au début du XIXe  siècle.

Le moulin de William-Randal Patton
Ce moulin monumental a été construit en 1850 par le dernier seigneur de la Rivière-du-Sud, William-Randal Patton, un riche marchand de bois originaire de Londres. Muni à l'origine de deux grandes roues, de six paires de moulanges, d'une carderie et d'un logement pour le meunier, il comptait même un bassin de rétention dont on distingue encore le mur de pierres. Transformé en unités d'habitation, le moulin trône toujours au 200, rue du Manoir.

Le Manoir seigneurial d'Antoine-Gaspard Couillard-de-Lespinay
Antoine-Gaspard Couillard  a été seigneur du domaine de la rive gauche de la rivière du Sud de 1809 à 1843. Entre 1814 et 1818, il fit construire un manoir à la mesure de sa richesse. Situé au 220, boulevard Taché Est, l'imposant manoir de pierres correspond au style monumental, dit palladien, typique des maisons bourgeoises construites dans les villes à cette époque. Il abrite aujourd'hui un hôtel et un restaurant de renom.

Une histoire dessinée par le fleuve

Un village déménagé
Comme le fleuve Saint-Laurent était la seule voie de communication en Nouvelle-France, les premiers établissements de colons français se firent le long de ses berges. Si le fleuve a déterminé le développement de toutes ces localités, Montmagny possède une relation historique bien particulière avec le chemin qui marche.

D'abord, les premiers colons se sont installés à la Pointe-à-la-Caille en raison de la rivière à la Caille qui se jette dans le fleuve près de la limite ouest de Montmagny. À marée haute, cette rivière atteignait un niveau suffisant pour pénétrer dans les terres en barque et ainsi favoriser le commerce et le ravitaillement. C'est pour cette raison que le premier village à l'origine de l'actuelle ville, Saint-Thomas-de-la-Pointe-à-la-Caille, y fut fondé. Mais les éléments réservaient des surprises aux premiers habitants.

En effet, l'érosion des berges du Saint-Laurent et l'envasement progressif des terres forcèrent les villageois à entreprendre une migration hors du commun. Afin d'éviter que le fleuve n'emporte le cimetière érigé sur la falaise, tous les corps ont été déterrés et transportés vers un autre cimetière, à l'abri de l'érosion. L'église construite en 1716 a été abandonnée et graduellement emportée par les berges érodées.

Le village de Saint-Thomas fut donc déménagé en entier dans le secteur de l'actuelle église Saint-Thomas. Une église a été érigée à cet emplacement en 1771 afin de donner un lieu de rassemblement aux villageois forcés à quitter leur maison sur la côte. Cet endroit constitue le coeur du développement de la trame urbaine de Montmagny.

Depuis 2008, la Ville de Montmagny effectue des fouilles archéologiques sur le site de Saint-Thomas-de-la-Pointe-à-la-Caille. Les chercheurs ont entre autres mis au jour les fondations du premier presbytère.

La construction navale à Montmagny
La construction navale à Montmagny a commencé dès le début du XVIIIe siècle mais a connu son apogée avec le développement du commerce du bois. Au début du siècle dernier, afin de répondre à leurs propres besoins d'exportation, les frères Price établirent un chantier de construction navale dans le bassin de Montmagny. En plus d'y construire des navires voués au transport du bois et du papier, les Price fournirent des bateaux de patrouille pour la garde côtière, des barges et un remorqueur.

L'historien Yves Hébert relate qu'au XIXe siècle, c'est à Montmagny que sont construits le plus de bateaux sur la Côte-du-Sud. Pour sa part, l'ethnologue Alain Franck rapporte qu'entre 1860 et 1930, époque florissante de l'industrie des Price, 26 navires ont été construits dans le bassin, principalement des goélettes. Plus tard, la famille Lachance établit un chantier de construction navale au même endroit où les Price avaient établi le leur.

Le transport maritime
L'explosion de la demande de bois en Angleterre et le développement du commerce de produits finis ont animé la vie maritime sur le Saint-Laurent. Jusqu'au milieu du XIXe siècle, le cabotage fut le principal moyen de communication et de transport entre les villages du littoral. À partir du bassin de Montmagny, les marchandises étaient transportées en goélettes vers d'autres ports et, plus tard, vers des bateaux à vapeur amarrés en haute mer.

Cette activité força la construction de quais afin de faciliter l'amarrage des bateaux et l'embarquement des marchandises. En 1846, on installa des pilotis, mais il fallut attendre jusqu'en 1880 pour que le gouvernement fédéral entreprenne la construction d'un débarcadère. Les vestiges de ce quai ont été restaurés et transformés en aménagement urbain : le Jardin des Souches. En 1906, un autre quai fut aménagé à l'embouchure du bassin, lequel sera allongé en 1916. C'est ce quai qui est utilisé aujourd'hui par la Société des traversiers du Québec pour assurer la liaison entre Montmagny et l'Île-aux-Grues. 

Le canot à glace
Montmagny a longtemps été le point de ravitaillement des insulaires établis dans l'archipel de l'Île-aux-Grues. En effet, l'Île-au-Canot, l'Île-aux-Oies, l'Île-Sainte-Marguerite, l'Île-aux-Grues et Grosse-Île furent habitées à différentes époques. La famille Lachance est d'ailleurs rattachée à l'histoire de l'Île-au-Canot depuis 1826. Les insulaires ont dû adopter leur moyen de transport durant l'hiver afin d'assurer la liaison entre la côte et leur lieu de résidence. C'est ainsi que le canot à glace et à voile a été adopté dans la région.

La poste, les denrées, les médecins ou les malades ont longtemps traversé le fleuve en canot à la hauteur de Montmagny. À l'extrémité ouest de la ville, près de l'hôpital, la maison des Nicole surplombe encore le fleuve. Cette résidence a servi de gîte aux canotiers venus se ravitailler depuis Grosse-Île, alors utilisée comme station de quarantaine. Selon les recherches effectuées par l'ethnologue Richard Lavoie, spécialiste de l'histoire du canot à glace, les insulaires ont voyagé par ce moyen de transport jusque dans les années 1970. La seule île toujours habitée en permanence est aujourd'hui l'Île-aux-Grues et un service aérien assure maintenant la liaison en hiver.

Sources consultées

Ouvrages

HÉBERT, Yves. Montmagny, une histoire. La seigneurie, le village et la ville de 1646 à 1996. Montmagny, Ville de Montmagny, 1996, 304 pages.

HÉBERT, Yves. Quand l'histoire a pignon sur rue. Visites patrimoniales des secteurs centraux de Montmagny. Montmagny, Ville de Montmagny, 2008, 132 p.

Coll. La vie maritime dans Montmagny. Sur les traces de nos ancêtres. Saint-Jean-Port-Joli, Les Publications du Saint-Laurent, 1996, 24 pages.

Sites Internet 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Edwin_B%C3%A9langer

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Rousseau_%28botaniste%29

http://www.encyclobec.ca/main.php?docid=439

Remerciements

Richard Lavoie, ethnologue

Maurice Rousseau, Société d'histoire de Montmagny

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Imprimé le : 24 août 2016